TransAlpine Run - Etape 3 (02-09)

Etape 3 (lundi 2 septembre) : St Anton (Autriche) à Samnaun (Suisse) :
38,4 kilomètres - D+2975 mètres - D- 2431 mètres
 
 
 Le profil de la course : 
 
Une bonne nuit récupératrice. Oui, on aurait pu. Sauf que Denis a souffert de son épaule récemment opérée (et sur laquelle il s’est rattrapé lors de sa chute finale d’hier). Il n’en a pas dormi. La journée s’annonce maussade. Comme la météo, il fait bien humide dans l’air, mais pas de pluie. On a eu bien froid cette nuit.

Un départ à 7h du mat’ ça veut dire un lever à 5h30. Le temps de petit déjeuner, émerger, se préparer.

 
7h du mat’ car on attaque la grosse étape de la TransAlpine. 38 km et 3000 m D+. De quoi en faire frémir plus d’un (nous les premiers). Les premiers devraient arriver en 4h30, nous en 7h15, les derniers en 11h.

 
 
Les jambes tirent un peu, mais rien d’alarmant. Le départ se fait…pas à fond. Tiens, ça change. Les premières fatigues et angoisses de cette étape refreinent un peu les coureurs. Mais le rythme est soutenu tout de même. Et même si la pente qui arrive d’entrée de jeu nous oblige à marcher, on tricote pas avec les bâtons. Faut envoyer quand même.
 
 
C’est le début de la première grosse ascension : 1300 m de D+ sur 15 km. On retrouve vite des têtes, jambes, fesses connues (les australiennes.... et autres) sur cette longue piste sans saveur qui nous mène au pied des hauts reliefs.
 
(la file de coureurs derrière nous)
 
 
Au bout de 2h, ravito express et on attaque le caillou. Et on confirme : les teutons ils savent bourriner dans les montées (et vraiment être costauds) mais dès que le terrain devient technique (même sur du plat) ou dès que çà descend, il n’y a plus personne. Du coup sur ces petits chemins tout étroits, on a du mal à doubler sans prendre de risques. Et ça génère des bouchons.

(que la Force soit avec nous !)
 
La pente s’élève nous permettant d’admirer ce qui nous attend. Un magnifique cirque minéral saupoudré de la neige tombée cette nuit. La température chute, un peu de vent…la température ressentie doit avoisiner les zéro degré. Mais en marchant la machine chauffe, et le froid se fait à peine sentir.

(vous prendrez bien un peu de Renard glacé ?)
 
 
L’ambiance est magique sur cette neige, où il faut progresser calmement en veillant à poser adroitement les pieds.
 
(Le Jedi fait son effet ! Bravo à Lio qui a trouvé son identité... le cadeau, le cadeau !!!)
 
(Watch your step ! Que je ne traduirais pas en allemand, sauf par Achtung !!!)
 
 
 
Certains trailers lancent des cris suisses ou des « Suuuupppeeeerrrr » qui résonnent dans la montagne. Moi je chambre bien fort les galiciens derrière nous qui aujourd’hui ne semblent pas avoir l’énergie de chanter. Au vu de la difficulté du passage et pour réchauffer l’ambiance (inexistante depuis le début de la course) je lance un immense (en anglais) : « Aimez-vous la TransAlpine Run ? ». Peu de réponse : «  Je n’entends rien !!!! Aimez-vous la TransAlpine Run ? ». Rires et réponses, mais purée il y a trop de sérieux dans cette course. Sauf les types de l’organisation avec leurs perruques, sifflets et pelles pour nous dégager le chemin qui encouragent tout le monde avec plein de sourires.

 


Arrivé au col je veux faire le mariolle devant un photographe et m’explose le genou contre un rocher. Un peu plus bas je me suis légèrement coupé un doigt sur un rocher. Denis lui s’est encore enlevé du vernis à la jambe sur une chute. Va falloir arrêter çà, surtout que derrière le col la descente commence bien raide et technique. Les cordes sont là pour nous aider. Mais pas le droit à l’erreur au vu du vide, en évitant de faire tomber des cailloux sur les copains d’en dessous. Technique l’affaire, mais tout le monde s’en sort sans mal.

 


On peut galoper un peu plus bas, sur des cailloux, de l’herbe, de la terre. On « fait la descente ». Mais les descentes sont plus traumatisantes pour les jambes. Les articulations et quadriceps (les gros muscles du devant de la cuisse) sont très sollicités. Il faut donc bien veiller à ses appuis et ne pas se contracter. Les bâtons sont parfois ici aussi utiles que dans les montées, pour absorber une partie des chocs et nous soulager.

 
La descente est assez rapide même si elle fait 1300 m D- sur seulement 6 km (grosse pente), et l’on retrouve notre équipe d’amis niçois (Romain et Noël). Romain a pété son bâton dans la descente. Nous arrivons ensemble au ravito d’Isgl, à mi-course.

Denis commence à coincer un peu, je ne fais pas le fier non plus, mais l’on repart vaillants. Au détour d’une des ruelles du village nous nous engageons dans un tunnel. Je m’arrête interloqué, mais c’est bien çà…ils nous font passer sur deux escaliers roulants ! Les 2 équipes avec qui nous sommes sont comme nous hilares. Nous nous mettons à courir, pour une fois aussi vite que les premiers au classement.
 
(désolé mais le flou est lié à notre non maîtrise d'une telle vitesse)
 
Mais à la sortie les sourires s’estompent bien vite. Une énorme pente nous attend. Un 1350 D+ sur seulement…6 km. Une pente moyenne de 22% !!!! Moyenne, c'est-à-dire qu’il y a des passages à 30% dans l’affaire.
Là c’est la gifle. Chacun prend son courage entre ses bâtons, s’enferme dans sa bulle, et va s’enquiller la bavante. Ca ne rigole pas dans les rangs. Les souffles sont forts et courts. Cette montée va laisser des traces, car elle dure et dure, pas possible d’en voir le bout. Gros mental à l’épreuve, serrer les dents et se dire que c’est un mauvais moment (de près de 2h) à passer. Heureusement nous sommes avec les niçois, on peut s’encourager dans les moments ardus, et rigoler quand la pente s’adoucit. Mais chacun va à son rythme, veillant tout de même aux autres.
 

(le Jedi montre la voie)
 
(Romain et Noël de la Team Vésubie encadrent Denis sur la seule section "plate" de la rude montée)
 
On s’élève très vite en altitude, si bien qu’aux alentours des 2600 mètres la tête tourne un peu. Premier col qui nous fait déchanter, le notre est derrière…encore un dernier beau coup de cul pour nous porter à 2740 mètres. Yes ! On s’est avalé les deux mégas bosses, presque arrivés à l’indigestion.

(Denis arrive au col. A l'horizon le col passé qq heures plus tôt, avant de descendre à Isgl au fond de la vallée et remonter ici)
 
Denis est dans le dur, les quadris en feu. Il ne saisit pas l’opportunité de prendre le télésiège pour le ramener en bas.
 
 
Alors on trottine, avec des « grosses jambes » pour recréer des sensations dans les muscles un peu anesthésiées par les 3000 D+ passés. Difficile au début, le rythme revient vite, d’autant plus que la descente n’a rien de technique, assez roulante.
 
 
On zappe presque le ravito pour filer au plus vite, grappiller quelques minutes. Denis prend sur lui pour garder le rythme que j’essaye de lui imposer. Je lui fais la trace.

Magnifique passage dans une gorge un peu aérienne.
 
 
Une équipe espagnole bien sympa nous rattrape, on finit ensemble les 3 derniers kilomètres, s’encourageant les uns les autres à ne rien lâcher. Mais c’est dur. Il faut se résoudre à marcher parfois quelques secondes sur les dernières micro montées.
 
(avec les espagnols si sympas)

Voici Samnau, papa nous passe les masques, c’est l’arrivé, en 7h14. Beau travail !
 
 
On se congratule avec les équipes arrivées en même temps que nous. L‘esprit de camaraderie est tout de même là. Nos copains niçois tardent à arriver. On a basculé quelques minutes avant eux dans la descente. Ils arrivent avec près de 6 minutes de retard. De sorte au classement nous les talonnons de 45 secondes désormais, nous classant au général 117 et 118° (et hop, une place de gagnée).

Repos sur les transats, on mange comme des chancres des saucisses suisses (et oui, on vient d’émigrer en Suisse), on boit un succulent bouillon et je glace mon genou qui a pris du volume.
 
(Ne vous méprenez pas : la bière n'est pas pour moi, mais pour Jean. Et celle de Denis est sans alcool. Car comme dit le Jedi : "pour la TransAlpine terminer, tentations tu devras éloigner")
 
La dernière ascension a été bien difficile, le genou ne voulant plus se plier qu’à 50 %. La douleur est vive mais supportable, mais je perds en efficacité. J’espère que ça ira mieux demain, rien d’alarmant, ce n’est qu’un hématome et rien de structurel.

Par contre mes pieds sont un émerveillement. Même pas une ampoule !!! Merci à Jean-Marc mon podologue qui m‘a si bien préparé les petons pour la course !

Denis n’a finalement pas souffert de son épaule, mais ses quadris l’ont bien rappelé à l’ordre aujourd’hui. Etirements, massages et Compex devraient le requinquer.

(une équipe soudée)
 
Pour Jean tout s’est bien passé aujourd’hui. Il ne s’est même pas fait arrêté par les douaniers suisses avec ses 5 litres (non, il en reste que 3) de rouge.

On rentre au camping car pour aller se baigner les jambes dans le ruisseau proche. La sensation de brûlure intégrale est là en s’immergeant dans une eau à quelques degrés, mais ces 2 minutes sont diablement efficaces pour éliminer les toxines et restructurer les muscles.


 
 
Le clou de la journée est la pasta party qui se trouve à la station d’altitude du village, où nous nous rendons en …téléphérique. Panorama magnifique à 2200 mètres d’altitude, où le repas est succulent et abondant.

 
Sincèrement rien à dire côté organisation. Notre argent n’est pas volé, les allemands savent faire les choses en grand.

Nuit réparatrice tant espérée maintenant, avant une nouvelle longue et certainement belle étape ! 
A demain !

22 commentaires:

  1. Super récit comme d'habitude, c'est une étape encore incroyable qui parait comme les autres : inhumaine ! Bon courage pour le genou et pour les quadris ! vous êtes vraiment trop forts

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    1. merci les amours ! on fait au mieux...et penser aux amis fait du bien au psycho dans les durs moments !

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  2. Super récit et belles photos. Félicitations vous avez du courage.Allez les gars plus que 5.....
    Pas trop de bière pour Jean.

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  3. Je suis le récit tous les jours, félicitations et bisous à tous les deux. Je pars demain en Allemagne.Laeti me donnera les nouvelles.

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    1. merci mum. attention à la bière en Allemagne, ils deviennent tous accros ici... et je prends soin de moi...oui maman

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  4. c'est quand cela devient Ardu que le goupil montre ses ressources, pas de complexes face aux corbeaux!!!!!!

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    1. c'est quand le sage parle que mon esprit se calme. merci mon ami !

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  5. Content que les pieds se portent à merveille!!! Faudrait qu'en même les abîmer un peu pour que j'ai du travail (faut que je mange)...LOL!!!! Plus sérieusement je pense plutôt que l'entrainement et la préparation s'améliorent d'épreuves en épreuves, donc moins de petits bobos qui prennent parfois trop de place dans le corps et dans la tête.Félicitations à tous les deux pour ces 4 journées et continuez à bien vous étirer les fessiers comme sur les photos.

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    1. Les pieds ont pris un petit peu aujourd'hui...récit en ligne vers 22h30

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  6. Bravo pour votre courage et quelles belles photos !
    Gyse

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    1. Bise au Bur' Gyse !!! Dis leur que je vais peut-être rester en Suisse... Merci pour tes encouragements !

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  7. salut les gars petit bonjour de branne.
    et bien ça à l'air d être une putain de course bravo ,super boulot pour le blog ;je fait suivre les news a la soborec. alleZ bonne course
    NICO

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    1. Merci Nico. Oui, décors dantesques, tout comme les pentes...

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  8. Bravo les Renards
    Mettez un peu de folie à cette course qui semble un peu sérieuse! C'est chouette l'idée des masques. J'espère que nous les verrons au prochain Raid PPA!
    Prenez soin de vous et faites attention aux chutes!
    Surtout amusez-vous bien et payez une "glut" à l'ami Jean!
    A plus
    François

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    1. Compte sur nous François François ! Avec les espagnols on et le feu à la première occasion. Et papy Jean, tu le connais. Il a pas attendu notre générosité pour se rafraîchir le gosier....

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  9. Chapeau les garsbravo a vous nico et moi on reflechit pour le faire aussi............
    On va vous montrer nous..non je deconne sincerement c un truc de fou courage a vous et eclatez vous
    Ah oui si il vous reste de la place dans le camping car pour quelques bieres on ne dira pas non.........et la je deconne pas!!
    A bientot attention a vous
    Mathieu

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    1. Merci les gars, mais les bières elles arriveront pas capsulées en France...lol... on va leur faire leur fête !

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  10. Merci de nous faire partager cette belle aventure.
    Les photos et commentaires sont magnifiques
    C'est superbe, je suis fascinée par ce que vous faites. Continuez, vous êtes géniaux. Attention aux chute. Denis, ne reviens pas en pièces détachées quand même !!! Soyez prudents et courage à vous 2. Bisous Denis,
    "Fifie"

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    1. merci de penser à nous et de nous suivre assidument les ch'tis ! la bière n'est pas aussi bonne que part chez vous mais on fait avec... bises

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  11. Bravo les gars, vous nous faites réver.prenez soin de vous, maintenant on décompte!quand vous allez voir les Italiennes, les australiennes vont vous paraitre fade. didier

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    1. Merci Didier, vivement qu'on arrive alors, on va courir plus vite. Même si il y a déjà de belles ragazzi ici ! bises
      Les Renards

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  12. Sérieusement, vous êtes dingues... mais quand on aime on ne compte pas ... les kilomètres n'est ce pas...

    Vivement la suite... c'est quand même plus intéressant que Plus Belle la Vie

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